• Marcher, papoter : le résumé

     

    Dramont, Gratadis, Trayas, Roussiveau, Malavalette, Malpey, Palayson, des noms de lieux dans l’Estérel mais aussi les noms des maisons forestières installées à la fin du XIXème siècle dans ces lieux. Il y a aussi : les Cantonniers, les Charretiers, la Louve et…La Duchesse !

    Surprenant n’est-ce pas ? Que fait une Duchesse dans l’Estérel ? Et de quelle Duchesse s’agit-il ?

    Revenons au temps d’Auguste Muterse, cet inspecteur des « Eaux et Forêts » qui œuvra avec tant d’énergie pour l’implantation de quatorze maisons forestières dans l’Estérel domanial (inspecteur dans la région de 1872 à 1888). Quatorze maisons pour les 60 km2 domaniaux ! C’est beaucoup ! Mais  Il est vrai que le massif, ravagé par de grands incendies,  n’offrait pas une vue idyllique pour les stations balnéaires en devenir,  il fallait donc au plus vite le végétaliser à nouveau … Cela dit,  la forêt méditerranéenne n’était pas  la seule en souffrance !  Au niveau national les forêts domaniales n’étaient pas en bon état non plus, abimées  par des années d’exploitation anarchique. Prenant conscience de cela,  l’Etat se mobilisa pour redonner aux forêts  françaises  une couverture végétale  digne de ce nom,  ainsi le projet  des maisons forestières vit le jour. Il fallait  mettre les agents forestiers au cœur même des massifs de manière à veiller de près aux aménagements et surveiller en permanence les plantations. Des crédits furent débloqués pour la construction d’un modèle unique de maison pour tout le territoire français : une grande bâtisse pour y  abriter deux familles et des dépendances et des aménagements permettant un isolement de plusieurs semaines.  

    En 1878, dans la forêt domaniale de l’Estérel la construction des maisons forestières allait bon train. Sept maisons judicieusement réparties étaient déjà finies et opérationnelles, chacune portant le nom du secteur à surveiller et reliées entre elles par un réseau de chemins carrossables. Au nord du massif, secteur « plan Pinet »,  l’espace préparé pour accueillir la huitième maison était prêt, mais un changement à la Direction du service des « Eaux et Forêts » à Paris stoppa sa construction.  Le nouveau Directeur  Général, révisant son enveloppe de crédit jugea l’implantation de cette maison « non  indispensable dans ce secteur ». C’est là qu’intervint la fortunée Duchesse  de Vallombrosa résidant à Cannes. 

    Auguste Eugène Muterse, né à Antibes, fils d’un officier de marine et beau fils du maire de Juan-les-pins connaissait bien la Duchesse de Vallombrosa, Ils étaient du même milieu et ils avaient la même passion : l’Estérel ! Il lui suggéra  d’organiser une réception en l’honneur de son supérieur en tournée dans la région et de plaider sa cause auprès de lui afin que le projet des maisons forestières se fasse intégralement, comme prévu. Que dit la Duchesse ? Que fit la Duchesse ? Que donna la Duchesse ? Le mystère demeure, mais la maison du « plan Pinet » fut construite et prit le nom de «  maison forestière de la Duchesse ».

    Marcher, papoter : le résumé

    En 1900, les quatorze maisons étaient toutes occupées par les familles des gardes forestiers et des cantonniers. De nouveaux végétaux à la croissance rapide furent introduits dans le massif et l’Estérel reprit rapidement des couleurs, il devint un atout supplémentaire  pour les stations balnéaires voisines. Les années passèrent, les deux guerres, le modernisme, une nouvelle façon de travailler apportèrent du changement, quelques maisons forestières furent alors abandonnées, elles  se dégradèrent très vite, la maison de la Duchesse était parmi elles, mais à deux reprises cette maison forestière fut sauvée et réhabilitée.

    En 1978, un couple de scientifiques, natifs de Saint Raphaël et épris de l’histoire du massif demanda à l’ONF (le service des Eaux et Forêts devenu Office National des Forêts en 1966) de louer la maison forestière de la Duchesse afin d’être au plus près de leurs recherches archéologiques et géologiques avec le projet final de faire de la maison forestière  un petit musée explicatif sur la géologie et la botanique du massif. La maison réhabilitée et un peu modernisée accueillit ainsi cette famille durant une dizaine d’années, mais la scolarité des quatre enfants posant problème la maison fut abandonnée  à nouveau. Proche d’une entrée du massif, sur un chemin emprunté par de nombreux  promeneurs sa dégradation reprit et inquiéta les amoureux du lieu.

    Ils étaient nombreux ces amoureux du lieu, mais il en fallait un qui prenne l’initiative et arrive à motiver d’autres personnes pour se lancer dans l’aventure de la restauration de cette maison forestière de la Duchesse. On l’appelle « René l’alsacien », un homme tout simple et qui sait tout faire, avec l’accord de l’ONF bien sûr, il se lança dans la rénovation de la maison et de ses dépendances avec ses propres deniers. Le changement est spectaculaire.

    Allez voir ce qu’il en a fait ! Un véritable petit musée ethnographique ! Vous pourrez même le rencontrer si vous y allez le week-end, et peut-être même l’aider aussi de quelques façons que ce soit !

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  • Commentaires

    1
    Christian
    Samedi 27 Mars à 09:57

    Bravo Jeannine que te dire de plus c'est toujours intéressant de pouvoir garder ces  articles

    Je t'embrasse

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