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    Carolus Duran... Qui connait Carolus Duran ?

    Quelques fréjusiens j’espère ! Au moins ceux qui habitent à Saint Aygulf !

    Carolus Duran est un peintre « académique » qualifié de « peintre mondain », excellent portraitiste qui fut grandement apprécié dans  la « haute société » durant la 3ème république. Sollicité par une SCIE de Saint Aygulf avec quelques autres artistes en vue de l’époque, il  acheta en 1868 un terrain en bordure de mer  et y fit construire une superbe et grande maison. Conquis  par le site il y demeura avec sa famille une bonne partie de sa vie et, recevant  bon nombre de visiteurs de marque,   il contribua  activement au développement du quartier. Il participa  aussi financièrement à la construction  de quelques édifices aux alentours de son domaine dont une  chapelle pour laquelle il peignit deux tableaux.

    Marcher, papoter : le résumé !

    La maison de Carolus Duran, rue Alfred Musset est signalée par un panonceau et ses deux tableaux sont toujours accrochés dans la chapelle dédiée à Saint Aygulf, chapelle incorporée en 1956 à l’église Notre Dame de l’Assomption. La calanque où il aimait aller se baigner a été baptisée « calanque Carolus Duran » ainsi qu’une placette  près du port où il aimait observer les pêcheurs…De plus Carolus Duran repose avec sa femme et son fils dans le caveau familial au cimetière Saint Léonce à Fréjus ! Alors ? Comment se fait-il qu’on ait  oublié qui est Carolus Duran ici ? 

                                                            Marcher, papoter : le résumé !

     

    Pour en savoir plus sur ce peintre, lisez la suite !

    Charles Auguste Emile Durant est né le 4 juillet 1837 à Lille dans une famille modeste. Son père  aubergiste, sa mère couturière et sa jeune sœur, tous  œuvrèrent hardiment pour que Charles, brillant élève doué en matières artistiques,  puisse poursuivre ses études à l’Académie de Lille dans un premier temps, puis à Paris,  à l’Académie Suisse de l’Ile de la Cité où il devint « Carolus Duran » !

    C’est en 1859, à 22 ans, qu’il put accrocher une première toile au « Salon » ! Mais trop empreint de l’académisme de Courbet il chercha une voie plus personnelle. Une bourse d’étude délivrée par sa ville natale lui permit de fréquenter   les académies  de Florence et de Madrid, et ce sont les tableaux de Velasquez qui  l’inspirèrent alors pour trouver son propre style. En 1866 il reçut pour sa seconde  toile accrochée au « Salon » une première médaille d’or.  A 30 ans, le peintre lillois,  Carolus Duran était reconnu par ses pairs et notamment ceux du jury de l’ « Académie des Beaux-Arts »!

    C’est au musée du Louvres en 1868 qu’il rencontra Pauline Charlotte Croizette, pastelliste elle-même, elle devint son épouse cette année-là. De cette union naquirent 3 enfants, deux filles et un garçon. Source d’inspiration pour son époux  Charlotte  posa pour « la Dame au gant » ;  le  tableau qui dévoila au grand public le  talent avéré de l’artiste Carolus Duran pour les portraits. Dès lors, ce dernier  se consacra essentiellement aux portraits de ces contemporains,  et son succès lui permit d’ouvrir en 1881 au boulevard Montparnasse  à Paris un atelier dispensant gratuitement des cours de peinture et de dessin. Il aimait dire à ses élèves : « Aimez la gloire plus que l’argent ! L’art plus que la gloire ! Et la nature plus que l’art ! ».

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    LA DAME AU GANT

    Promu chevalier, puis commandeur de la Légion d’Honneur en 1876, il fut élu membre de l’Académie des Beaux-Arts en 1904 et devint le Directeur de la Villa Médicis à Rome en 1906.

    Musicien talentueux lui-même il fréquentait assidument l’opéra et les concerts, et c’est à Paris qu’il décéda le 18 février 1917, mais l’enterrement eu lieu à …Fréjus !

     

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    Cocteau, le grand Jean Cocteau !

     Savez-vous que, ce poète, cet écrivain, ce cinéaste, ce réalisateur, ce graphiste, ce dessinateur, ce peintre, ce décorateur, ce céramiste, ce tapissier… ce grand artiste  a réalisé sa dernière œuvre à Fréjus !

    Mais quel est le lien entre cet immense artiste et Fréjus ? Fréjus, ville d’Art et d’Histoire, certes ! Mais convenons-en,   un peu à l’écart  des courants mondains parisiens ou azuréens  !

    En effet la chapelle Notre Dame de Jérusalem dite « chapelle Cocteau » au quartier de la Tour de Mare, joyau patrimonial de la ville de  Fréjus est bien la dernière œuvre de ce grand artiste.

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    Clément Eugène Jean Maurice Cocteau né le 5 juillet 1889 à Maisons-Laffitte est le dernier  enfant d’une fratrie de trois. Choyé par tous, il grandit paisiblement au sein d’une famille de grande bourgeoisie parisienne. Une famille de notaires, d’agents de change, de  diplomates, tous amateurs d’art et tous collectionneurs. Son père, avocat et peintre amateur, l’initia très tôt  au graphisme. Sa mère, d’une grande culture,  lui fit apprécier le théâtre et l’opéra dès son plus jeune âge.  Mais le suicide de son père, pour des raisons méconnues, plongea, à 9 ans, le jeune garçon à la sensibilité exacerbée dans un grand désarroi qu’il assuma alors toute sa vie durant.

    De santé fragile et d’une grande nervosité il arriva au terme de ses études sans obtenir le bac, cependant sa propre culture artistique et ses dons personnels lui laissaient envisager un très bel avenir sans ce diplôme. Introduit par sa mère dans la haute société parisienne il devint très vite  le « Dandy cultivé lanceur de mode » de toute une jeunesse parisienne en quête de nouveautés. Côtoyant les plus grands artistes et révélant ses propres talents  il se fit rapidement un nom dans la mouvance artistique de ce « tout Paris » qui débordait largement, été comme hiver, sur une Côte d’Azur naissante.

    Raymond Radiguet, jeune écrivain dont la mort prématurée plongea Jean Cocteau dans les affres de l’opium, Jean Marais, jeune comédien   rencontré sur un tournage avec qui Jean Cocteau acheta une maison à Milly-La-Forêt et  Edouard Dermit, jeune dessinateur autodidacte partagèrent un temps de cette  vie que ce « Prince des poètes » voulait intense. Edouard Dermit dont il fit son fils adoptif et son légataire testamentaire universel fut le garant de toutes les œuvres laissées par cet artiste aux multiples talents.

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     Cocteau, cette gloire nationale entrée à l’Académie Française en 1955 et élevé au rang de Commandeur de la légion d’Honneur en 1961 fut sollicité, juste après la catastrophe de Malpasset,   par un promoteur d’un nouveau quartier à Fréjus pour la décoration d’une petite chapelle moderne. Bien que fatigué par une première alerte cardiaque il céda à la pression venue du Vatican, mais réfutant le petit édifice  initial, il envisagea alors  la construction d’une chapelle octogonale qui serait dédiée aux chevaliers du Saint Sépulcre. La « chapelle Cocteau » était en route, l’artiste, logé avec toute son équipe dans une villa du quartier, lança ses dernières forces  dans la réalisation de ce petit chef d’œuvre.  Mais,  le 11 octobre 1963, la structure était à peine sortie de terre que le poète tira sa révérence. C’est  Edouard Dermit et son équipe qui finirent alors le travail  de décoration en respectant rigoureusement  les plans, les  dessins et les  instructions laissés par le Maître.

     

    En septembre 1989,  cent ans après  la naissance de Cocteau,   la chapelle Notre-Dame de Jérusalem à la Tour de Mare enfin terminée fut consacrée et dédiée aux chevaliers du Saint Sépulcre ! Un « bijou »  à ne pas manquer !

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    Bonjour les amis confinés !

    le compte rendu d'un des derniers MP, avant le prochain qui ne devrait plus tarder, enfin... on espère !

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    Villa « Claudine » en bordure de mer baie d’Agay, une bien jolie villa du début du siècle dernier !

    Oui ! Il s’agit bien de « Claudine » l’héroïne des romans de Colette ! Non ! Cette villa n’a jamais appartenu à Colette ! Mais  Colette  y  séjourna  plusieurs fois. C’est son amie Pauline Polaire, une   comédienne qui incarna à la scène le personnage de « Claudine » dans « Claudine à l’école »  qui fit construire cette demeure en 1903.  Colette est donc venue  de nombreuses fois à Saint Raphaël, en séjour à Agay ou seulement de passage pour rejoindre sa villa « la Treille Muscate » à Saint Tropez ;  il ne m’en fallait pas plus pour que je m’intéresse à  l’extraordinaire vie de cette écrivaine qui laissa à la littérature française  une cinquantaine de romans, mais pas de rue à son nom à  Saint Raphaël !

    Née le 28 janvier 1873 à Saint Sauveur en Puisaye dans l’Yonne, Sidonie-Gabrielle est la fille de Sidonie veuve Landoy et de Jules-Joseph Colette. Etant la  plus jeune d’une fratrie de quatre enfants, elle fut choyée par ses parents et ses frères et sœurs, ce qui fit d’elle une personne très enjouée.  Son père, percepteur dans la petite ville de Bourgogne, avait été officier  mais  mutilé lors de la dernière guerre il avait des difficultés pour se déplacer,  grand lecteur il donna  à Sidonie-Gabrielle  l’amour de la littérature et de l’écriture. La jeune fille  s’imprégna aussi des idées laïques et féministes développées par sa mère.  Bonne élève, elle fit ses études primaires dans son village natal, puis alla au collège à Chatillon, où la famille dut  se déplacer pour des raisons financières, elle  y obtint le Brevet Elémentaire qui lui  permettait d’être institutrice.  Elle se préparait à une vie provinciale quand elle rencontra Henri Gautier Villars dit Willy,  de  onze ans son ainé, qui devint son mari en 1893.

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    C’est donc à 20 ans que Sidonie-Gabrielle arriva à Paris. Willy, critique de théâtre, écrivain populaire et propriétaire d’une maison d’édition, introduisit sa femme dans le milieu artistique et intellectuel de la capitale où elle fit grand effet, par ses connaissances en littérature mais surtout par son accent rocailleux, sa manière de raconter sa province et sa joie de vivre. Encouragée par Willy elle se mit à l’écriture et dès 1900 apparurent les premiers romans des « Claudine »,  mais signés Willy ! N’ayant donc que peu de retour des droits d’auteur engendrés par ses romans elle décida en  femme libre de gagner sa vie. Sportive et de belle allure elle s’initia aux pantomimes orientalistes, elle y excella et fit les belles soirées du Moulin rouge et du Bataclan.  Prise dans ce tourbillon de festivités, propulsée dans la découverte d’une vie débridée, elle divorça en 1905 d’un mari volage et fit le choix de vivre avec une femme, la comtesse de Morny qu’elle appela Missy , ce fut son premier gros scandale ; elle signa alors ses romans du nom de Colette. 

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    En 1912, elle rencontra Henri de Jouvenel, un très sérieux journaliste politicien, connaissant les écrits de Colette celui-ci  lui proposa de rentrer au journal « Le Matin » comme chroniqueuse.  Le temps était venu pour elle de changer de vie ! Elle devint Madame de Jouvenel,  rédactrice en chef des pages culturelles du journal, eut une fille  qu’elle dénomma « Bel Gazou »  de son vrai nom Colette de Jouvenel et continua d’écrire des romans dans lesquels elle mettait en scène les personnages croisés dans la vraie vie. La guerre de 14-18 l’éloigna de Paris, Henri de Jouvenel voyageait beaucoup et n’était guère moins volage que son précédent mari. Est-ce pour passer le temps, ou par vengeance, ou par passion qu’elle initia à l’amour le jeune Bertrand de Jouvenel, fils d’un premier mariage d’Henry et âgé seulement de 16 ans ? Leur idylle dura plusieurs années et se solda bien évidemment par un divorce avec Henry qui eut la garde de « Bel Gazou » et ce fut un nouveau  scandale dont Colette n’eut cure.

    C’est à Juan-les-pins en 1925 qu’elle croisa celui qui devint son troisième et dernier mari ! Vingt ans de moins qu’elle, mais un coup de foudre respectif, et Colette devint madame Goudeket, épouse de Maurice Goudeket courtier en perles ! Ils achetèrent à Saint Tropez ce qui deviendra le havre de paix où Colette passera le plus clair de son temps, la « Treille Muscate ». Là, adulée par un Maurice prévenant, entourée de ses chats, entre bains de mer, promenades à bicyclette et jardinage elle écrivit bon nombre de romans et goutait enfin à la vie rêvée. Mais la crise de 1929 les jeta tous deux à la recherche de financement  « pour l’alimentaire » comme le disait Colette. Elle reprit la plume pour les chroniques journalistiques, les critiques littéraires, elle écrivit des scénarios et des slogans publicitaires, elle se déplaça pour donner des conférences littéraires ;  ils s’essayèrent même, tous deux,  au développement de deux salons de beauté, sans grand retour financier d’ailleurs. C’est juste avant la guerre que la « Treille Muscate » fut vendue, « trop de monde à Saint Tropez depuis les congés payés  de 36 » prétexta Colette.

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     Revenus à Paris, ils occupèrent un appartement près du Palais Royal, Colette percluse de rhumatismes sortait peu, et tenait salon dans sa chambre. Une petite maison en Bretagne permettait d’échapper de temps en temps à la tension nerveuse que provoquait la présence des troupes allemandes dans Paris. Maurice, juif de naissance, fut même arrêté et emprisonné par la Gestapo, il ne dut son salut qu’au pouvoir de persuasion de sa compagne. Le pays libéré, Colette élue à l’Académie Goncourt  en devint la présidente en 1949. Maurice Goudeket ayant créé la maison d’édition Fleuron se mit en quête d’éditer les œuvres complètes de Colette, elles parurent en 17 volumes quelques mois avant la disparition de l’écrivaine le 3 aout 1954.

    « Trois mariages et un enterrement » ! Le sien fut national, première femme à avoir des funérailles nationales alors que l’Eglise refusa une cérémonie religieuse eu égard à sa vie scandaleuse ! Son corps repose dans le carré VIP au Père Lachaise !

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    Pauline Carton, pour notre génération, est une actrice de cinéma du siècle dernier connue pour sa gouaille et ses rôles de soubrette ! A Saint Raphaël, c’est aussi une rue en bord de mer et l’histoire d’une belle villa lui ayant appartenu, démolie pour être remplacée par un immeuble dans les années 1980 ! Mais savez-vous que c’est à Saint Raphaël que Pauline Aimée Biarez, née en juillet 1884 à Biarritz, mit le doigt dans l’engrenage de sa carrière de comédienne ?

    En 1898, les époux Biarez, bourgeois parisiens, avaient fait construire une belle et grande  villa « le Carillon » dans une jolie petite propriété en bord de mer aux abords du centre-ville de Saint Raphaël. Leur fille Pauline y venait en vacance chaque été depuis ses 14 ans ;  vive et un peu effrontée, rêvant de devenir comédienne, elle montait de petits spectacles qu’elle offrait à qui voulait bien venir regarder. C’est là, l’été 1906, à Saint Raphaël, qu’elle provoqua le destin en suppliant un de ses spectateurs,  le Directeur du théâtre « le Gymnase » de Marseille,  de la prendre comme figurante dans sa troupe, même sans rémunération dit-elle, l’essentiel étant de jouer la comédie sur de vraies planches et montrer ce qu’elle,  valait vraiment ! Ce fut chose faite, et elle démarra dans une pièce intitulée « le Ruisseau » dans laquelle elle incarnait une prostituée dénommée « la Môme Carton ». Sa voix de canard haut perchée et sa gouaille parisienne firent mouche auprès du public  marseillais : la comédienne « Pauline carton » était née !

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    Jouant fort bien du piano depuis son enfance, elle était dotée d’une oreille parfaite  et d’une voix perçante et juste , les opérettes et  le music-hall se chargèrent de la faire connaître au grand public, elle enchaîna alors avec le cinéma, elle tournait, jouait, chantait, dansait presque chaque jour de la semaine, une boulimique du métier ! On ne lui connut pas de mari, pas d’enfants, mais cependant un grand amour qui perdura plus de cinquante ans,  jusqu’au décès de l’heureux élu, le poète Jean Violette rencontré à Genève lors d’une tournée en 1913.  Jean Violette était marié hélas, ils ne se voyaient donc qu’au mois d’aout quand Madame Violette était en vacance, et c’est  à …Saint Raphaël  qu’ils venaient vivre leur doux moments annuels.  Ce qui faisait dire à Pauline qui ne mâchait pas ses mots « ne me dérangez pas en aout pour travailler, au mois d’aout je fais l’amour ! ».

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    Proche de Sacha Guitry, il fut pour elle d’un très grand secours lorsqu’elle perdit sa mère, se retrouvant en 1917 seule avec sa nièce pour toute famille, son père et son frère étant décédés auparavant. Elle devint pour le Maitre du théâtre  une aide précieuse quant aux ressources historiques nécessaires à l’écriture de ses pièces ;  devenue sa secrétaire, il l’appelait « sa bibliothèque ambulante ». Après la guerre, elle se mit elle-même à l’écriture, une autobiographie qui traverse le siècle avec ses deux guerres mondiales,  un énorme volume intitulé « le théâtre de Carton », illustré  avec  ses propres croquis, car elle avait aussi  un très bon coup de crayon ; une artiste complète la Môme Carton ! L’écriture ne l’empêcha pas de continuer à jouer la comédie et de  camper les personnages caractéristiques que nous lui connaissons au cinéma !

    C’est en juin 1974, qu’elle fit sa dernière révérence, victime d’une crise cardiaque après avoir honoré ses contrats jusqu’au bout, elle était encore en scène en 1972 : sacrée bonne femme cette Carton !

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  • Les villes et villages de notre région ont donné naissance à quelques personnages fameux. C'est sur leur trace que le "Marcher, papoter" se propose de vous emmener !

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  • L’histoire contemporaine de Saint Raphaël nomme Alphonse Karr « le découvreur et l’inventeur » de la station balnéaire. De ce fait, un collège, une rue, une avenue, un square et un cimetière portent son nom !

     

    Mais quel est le rapport entre cet écrivain, poète, journaliste pamphlétaire, ayant exercé son talent d’écriture dans la capitale et dont le nom rappelle une origine allemande et le devenir d’un petit bourg de pécheurs en bordure de la Méditerranée, fin du XIXème siècle ?

    Jean-Baptiste Alphonse Karr est né à Paris en 1808 de la rencontre d’un pianiste compositeur munichois venu travailler dans la capitale française et d’une jeune fille de petite bourgeoisie. Un autre garçon, Eugène, naquit de cette union, union qui ne perdura que quelques années. Ce père musicien transmit cependant à ses fils, outre l’amour de la musique, une extrême sensibilité à l’infinie beauté de la nature, et un gout effréné de la liberté.

    Alphonse, frondeur et fugueur eut d’ailleurs des difficultés à prouver aux institutions les grandes qualités littéraires dont il disposait, d’autant qu’il lui fallut pendant ses études assurer seul sa subsistance, il les réussit cependant très brillamment. Des cours particuliers, des remplacements sporadiques de professeurs et quelques écrits journalistiques permirent à l’écrivain en devenir qu’il était de louer, pour son plus grand bonheur, une bicoque branlante entourée d’un jardinet dans Paris, c’est le début d’une grande histoire avec les fleurs, c’est aussi le début d’une grande histoire avec les mots ! Une déception amoureuse mit sa plume au service de son cœur et son premier roman « sous les tilleuls » publié en 1832 fut un énorme succès et le propulsa dans le monde de l’écriture. Devenu rédacteur en chef au tout nouveau journal le Figaro, il côtoyait Balzac, Hugo, Sue

    Il se révéla alors excellent dans l’écriture de pamphlets ; ces écrits courts à caractère polémique et satirique très en vogue à cette époque politiquement instable. Il quitta d’ailleurs le Figaro pour éditer son propre journal, un mensuel intitulé à juste titre « les guêpes » ! Se soumettant aux turbulences de la « vie parisienne », il était un personnage incontournable pour qui se prétendait « à la page » ! Curieux de tout, il était connu pour ses écrits journalistiques mais aussi pour ses romans, poèmes, essais… Ses champs d’investigation étant des plus variés, philosophie, histoire, politique, botanique sans oublier le romanesque. Après avoir vécu sous l’Empire de Napoléon Bonaparte, sous deux restaurations de la royauté, Il applaudît avec enthousiasme en 1848 à la proclamation de la deuxième République…Mais… Il lui fallut choisir l’exil à l’avènement d’un nouvel Empire napoléonien quelques années plus tard !

    Fuyant la France mais sans toutefois couper le cordon, c’est à Nice, comté du royaume de Piémont-Sardaigne qu’il vint s’installer avec sa compagne et leur fille, Jeanne. Finis les « Guêpes » et les pamphlets, c’est aux fleurs qu’il va consacrer toute son attention, locataire d’un grand terrain il fit montre de ses talents d’horticulteur. Il travailla tant et si bien qu’un magasin fut nécessaire dans le vieux Nice pour écouler fleurs coupées mais aussi fruits et légumes ! Ne négligeant pas pour autant l’écriture, il garda un rythme soutenu de ses publications. C’est à ce moment-là qu’accompagnant son frère, prospecteur géologue, il vint à Saint Raphaël et tomba littéralement amoureux de ce petit bourg de pêcheurs. Si bien qu’il n’eut aucune difficulté à quitter Nice lorsque les autorités l’exproprièrent pour construire à la place de son jardin la gare terminus du PLM. En effet Nice devenue française en 1860, le train y arriva en 1863. Saint Raphaël, n’était encore qu’une petite localité où pêcheurs et maraichers vivaient paisiblement des ressources de leur environnement. Alphonse Karr construisit sa maison sur un petit terrain acheté en bordure de mer, l’entoura d’un jardin qui la rendit invisible aux passants, et la dénomma « Maison close » !

     

    Il aurait pu entamer une dernière tranche de vie paisible avec sa famille, mais l’ambiguïté qui le caractérisait a fait qu’il n’eut de cesse d’inviter chez lui toutes ses connaissances parisiennes, pour faire découvrir ce petit paradis qu’il avait déniché, allant jusqu’à dire que « si on vient à Saint Raphaël on n’en repart plus ». La ligne de chemin de fer aidant, des artistes, des politiques, des bourgeois, défilèrent chez lui et en effet beaucoup restèrent pour une saison ou plus ! Voilà pourquoi on le nomme le « découvreur », quand à la station balnéaire il en est « l’inventeur » juste par effet de mode ! De santé solide il pratiquait la pêche, et ne manquait pas de prendre des risques comme ce jour de fin septembre 1890 où à la tombée de la nuit sous un orage il alla relever ses filets posés le matin même au large du Lion de mer. C’était l’exploit de trop, il décéda quelques jours plus tard des suites d’une congestion. Il inaugura bien malgré lui le nouveau cimetière, car le petit bourg de pécheurs découvert par lui quelques années auparavant était devenu une belle station balnéaire en pleine expansion par le talent de celui qu’on nomme le « bâtisseur » de Saint Raphaël…Mais ça c’est une autre histoire !


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  • C'était donc la dernière de la saison, en juin.. avant la reprise demain mardi 25 septembre !

     

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  • Roquebrune sur Argens, à la frontière des Maures et de l'Estérel, que sépare la plaine de l'Argens, offre une diversité de paysages et a su préserver une spécificité agricole : maraichage, culture de la vigne et de l'olivier. C'est dans l'exploitation du Marché des garrigues, que les curieux du Marcher-Papoter se sont rendus pour cette dernière découverte de la ruralité dans nos communes. 

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  • Une dernière ferme, à Bagnols, clôt cette série sur le patrimoine rural de notre région.

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