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    Bonjour les amis confinés !

    le compte rendu d'un des derniers MP, avant le prochain qui ne devrait plus tarder, enfin... on espère !

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    Villa « Claudine » en bordure de mer baie d’Agay, une bien jolie villa du début du siècle dernier !

    Oui ! Il s’agit bien de « Claudine » l’héroïne des romans de Colette ! Non ! Cette villa n’a jamais appartenu à Colette ! Mais  Colette  y  séjourna  plusieurs fois. C’est son amie Pauline Polaire, une   comédienne qui incarna à la scène le personnage de « Claudine » dans « Claudine à l’école »  qui fit construire cette demeure en 1903.  Colette est donc venue  de nombreuses fois à Saint Raphaël, en séjour à Agay ou seulement de passage pour rejoindre sa villa « la Treille Muscate » à Saint Tropez ;  il ne m’en fallait pas plus pour que je m’intéresse à  l’extraordinaire vie de cette écrivaine qui laissa à la littérature française  une cinquantaine de romans, mais pas de rue à son nom à  Saint Raphaël !

    Née le 28 janvier 1873 à Saint Sauveur en Puisaye dans l’Yonne, Sidonie-Gabrielle est la fille de Sidonie veuve Landoy et de Jules-Joseph Colette. Etant la  plus jeune d’une fratrie de quatre enfants, elle fut choyée par ses parents et ses frères et sœurs, ce qui fit d’elle une personne très enjouée.  Son père, percepteur dans la petite ville de Bourgogne, avait été officier  mais  mutilé lors de la dernière guerre il avait des difficultés pour se déplacer,  grand lecteur il donna  à Sidonie-Gabrielle  l’amour de la littérature et de l’écriture. La jeune fille  s’imprégna aussi des idées laïques et féministes développées par sa mère.  Bonne élève, elle fit ses études primaires dans son village natal, puis alla au collège à Chatillon, où la famille dut  se déplacer pour des raisons financières, elle  y obtint le Brevet Elémentaire qui lui  permettait d’être institutrice.  Elle se préparait à une vie provinciale quand elle rencontra Henri Gautier Villars dit Willy,  de  onze ans son ainé, qui devint son mari en 1893.

    Marcher, papoter : le résumé

    C’est donc à 20 ans que Sidonie-Gabrielle arriva à Paris. Willy, critique de théâtre, écrivain populaire et propriétaire d’une maison d’édition, introduisit sa femme dans le milieu artistique et intellectuel de la capitale où elle fit grand effet, par ses connaissances en littérature mais surtout par son accent rocailleux, sa manière de raconter sa province et sa joie de vivre. Encouragée par Willy elle se mit à l’écriture et dès 1900 apparurent les premiers romans des « Claudine »,  mais signés Willy ! N’ayant donc que peu de retour des droits d’auteur engendrés par ses romans elle décida en  femme libre de gagner sa vie. Sportive et de belle allure elle s’initia aux pantomimes orientalistes, elle y excella et fit les belles soirées du Moulin rouge et du Bataclan.  Prise dans ce tourbillon de festivités, propulsée dans la découverte d’une vie débridée, elle divorça en 1905 d’un mari volage et fit le choix de vivre avec une femme, la comtesse de Morny qu’elle appela Missy , ce fut son premier gros scandale ; elle signa alors ses romans du nom de Colette. 

    Marcher, papoter : le résumé

    En 1912, elle rencontra Henri de Jouvenel, un très sérieux journaliste politicien, connaissant les écrits de Colette celui-ci  lui proposa de rentrer au journal « Le Matin » comme chroniqueuse.  Le temps était venu pour elle de changer de vie ! Elle devint Madame de Jouvenel,  rédactrice en chef des pages culturelles du journal, eut une fille  qu’elle dénomma « Bel Gazou »  de son vrai nom Colette de Jouvenel et continua d’écrire des romans dans lesquels elle mettait en scène les personnages croisés dans la vraie vie. La guerre de 14-18 l’éloigna de Paris, Henri de Jouvenel voyageait beaucoup et n’était guère moins volage que son précédent mari. Est-ce pour passer le temps, ou par vengeance, ou par passion qu’elle initia à l’amour le jeune Bertrand de Jouvenel, fils d’un premier mariage d’Henry et âgé seulement de 16 ans ? Leur idylle dura plusieurs années et se solda bien évidemment par un divorce avec Henry qui eut la garde de « Bel Gazou » et ce fut un nouveau  scandale dont Colette n’eut cure.

    C’est à Juan-les-pins en 1925 qu’elle croisa celui qui devint son troisième et dernier mari ! Vingt ans de moins qu’elle, mais un coup de foudre respectif, et Colette devint madame Goudeket, épouse de Maurice Goudeket courtier en perles ! Ils achetèrent à Saint Tropez ce qui deviendra le havre de paix où Colette passera le plus clair de son temps, la « Treille Muscate ». Là, adulée par un Maurice prévenant, entourée de ses chats, entre bains de mer, promenades à bicyclette et jardinage elle écrivit bon nombre de romans et goutait enfin à la vie rêvée. Mais la crise de 1929 les jeta tous deux à la recherche de financement  « pour l’alimentaire » comme le disait Colette. Elle reprit la plume pour les chroniques journalistiques, les critiques littéraires, elle écrivit des scénarios et des slogans publicitaires, elle se déplaça pour donner des conférences littéraires ;  ils s’essayèrent même, tous deux,  au développement de deux salons de beauté, sans grand retour financier d’ailleurs. C’est juste avant la guerre que la « Treille Muscate » fut vendue, « trop de monde à Saint Tropez depuis les congés payés  de 36 » prétexta Colette.

    Marcher, papoter : le résumé

     Revenus à Paris, ils occupèrent un appartement près du Palais Royal, Colette percluse de rhumatismes sortait peu, et tenait salon dans sa chambre. Une petite maison en Bretagne permettait d’échapper de temps en temps à la tension nerveuse que provoquait la présence des troupes allemandes dans Paris. Maurice, juif de naissance, fut même arrêté et emprisonné par la Gestapo, il ne dut son salut qu’au pouvoir de persuasion de sa compagne. Le pays libéré, Colette élue à l’Académie Goncourt  en devint la présidente en 1949. Maurice Goudeket ayant créé la maison d’édition Fleuron se mit en quête d’éditer les œuvres complètes de Colette, elles parurent en 17 volumes quelques mois avant la disparition de l’écrivaine le 3 aout 1954.

    « Trois mariages et un enterrement » ! Le sien fut national, première femme à avoir des funérailles nationales alors que l’Eglise refusa une cérémonie religieuse eu égard à sa vie scandaleuse ! Son corps repose dans le carré VIP au Père Lachaise !

    Marcher, papoter : le résumé


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    Pauline Carton, pour notre génération, est une actrice de cinéma du siècle dernier connue pour sa gouaille et ses rôles de soubrette ! A Saint Raphaël, c’est aussi une rue en bord de mer et l’histoire d’une belle villa lui ayant appartenu, démolie pour être remplacée par un immeuble dans les années 1980 ! Mais savez-vous que c’est à Saint Raphaël que Pauline Aimée Biarez, née en juillet 1884 à Biarritz, mit le doigt dans l’engrenage de sa carrière de comédienne ?

    En 1898, les époux Biarez, bourgeois parisiens, avaient fait construire une belle et grande  villa « le Carillon » dans une jolie petite propriété en bord de mer aux abords du centre-ville de Saint Raphaël. Leur fille Pauline y venait en vacance chaque été depuis ses 14 ans ;  vive et un peu effrontée, rêvant de devenir comédienne, elle montait de petits spectacles qu’elle offrait à qui voulait bien venir regarder. C’est là, l’été 1906, à Saint Raphaël, qu’elle provoqua le destin en suppliant un de ses spectateurs,  le Directeur du théâtre « le Gymnase » de Marseille,  de la prendre comme figurante dans sa troupe, même sans rémunération dit-elle, l’essentiel étant de jouer la comédie sur de vraies planches et montrer ce qu’elle,  valait vraiment ! Ce fut chose faite, et elle démarra dans une pièce intitulée « le Ruisseau » dans laquelle elle incarnait une prostituée dénommée « la Môme Carton ». Sa voix de canard haut perchée et sa gouaille parisienne firent mouche auprès du public  marseillais : la comédienne « Pauline carton » était née !

    MARCHER, PAPOTER : le résumé !

    Jouant fort bien du piano depuis son enfance, elle était dotée d’une oreille parfaite  et d’une voix perçante et juste , les opérettes et  le music-hall se chargèrent de la faire connaître au grand public, elle enchaîna alors avec le cinéma, elle tournait, jouait, chantait, dansait presque chaque jour de la semaine, une boulimique du métier ! On ne lui connut pas de mari, pas d’enfants, mais cependant un grand amour qui perdura plus de cinquante ans,  jusqu’au décès de l’heureux élu, le poète Jean Violette rencontré à Genève lors d’une tournée en 1913.  Jean Violette était marié hélas, ils ne se voyaient donc qu’au mois d’aout quand Madame Violette était en vacance, et c’est  à …Saint Raphaël  qu’ils venaient vivre leur doux moments annuels.  Ce qui faisait dire à Pauline qui ne mâchait pas ses mots « ne me dérangez pas en aout pour travailler, au mois d’aout je fais l’amour ! ».

    MARCHER, PAPOTER : le résumé !

    Proche de Sacha Guitry, il fut pour elle d’un très grand secours lorsqu’elle perdit sa mère, se retrouvant en 1917 seule avec sa nièce pour toute famille, son père et son frère étant décédés auparavant. Elle devint pour le Maitre du théâtre  une aide précieuse quant aux ressources historiques nécessaires à l’écriture de ses pièces ;  devenue sa secrétaire, il l’appelait « sa bibliothèque ambulante ». Après la guerre, elle se mit elle-même à l’écriture, une autobiographie qui traverse le siècle avec ses deux guerres mondiales,  un énorme volume intitulé « le théâtre de Carton », illustré  avec  ses propres croquis, car elle avait aussi  un très bon coup de crayon ; une artiste complète la Môme Carton ! L’écriture ne l’empêcha pas de continuer à jouer la comédie et de  camper les personnages caractéristiques que nous lui connaissons au cinéma !

    C’est en juin 1974, qu’elle fit sa dernière révérence, victime d’une crise cardiaque après avoir honoré ses contrats jusqu’au bout, elle était encore en scène en 1972 : sacrée bonne femme cette Carton !

    MARCHER, PAPOTER : le résumé !

     

     


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  • Les villes et villages de notre région ont donné naissance à quelques personnages fameux. C'est sur leur trace que le "Marcher, papoter" se propose de vous emmener !

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  • L’histoire contemporaine de Saint Raphaël nomme Alphonse Karr « le découvreur et l’inventeur » de la station balnéaire. De ce fait, un collège, une rue, une avenue, un square et un cimetière portent son nom !

     

    Mais quel est le rapport entre cet écrivain, poète, journaliste pamphlétaire, ayant exercé son talent d’écriture dans la capitale et dont le nom rappelle une origine allemande et le devenir d’un petit bourg de pécheurs en bordure de la Méditerranée, fin du XIXème siècle ?

    Jean-Baptiste Alphonse Karr est né à Paris en 1808 de la rencontre d’un pianiste compositeur munichois venu travailler dans la capitale française et d’une jeune fille de petite bourgeoisie. Un autre garçon, Eugène, naquit de cette union, union qui ne perdura que quelques années. Ce père musicien transmit cependant à ses fils, outre l’amour de la musique, une extrême sensibilité à l’infinie beauté de la nature, et un gout effréné de la liberté.

    Alphonse, frondeur et fugueur eut d’ailleurs des difficultés à prouver aux institutions les grandes qualités littéraires dont il disposait, d’autant qu’il lui fallut pendant ses études assurer seul sa subsistance, il les réussit cependant très brillamment. Des cours particuliers, des remplacements sporadiques de professeurs et quelques écrits journalistiques permirent à l’écrivain en devenir qu’il était de louer, pour son plus grand bonheur, une bicoque branlante entourée d’un jardinet dans Paris, c’est le début d’une grande histoire avec les fleurs, c’est aussi le début d’une grande histoire avec les mots ! Une déception amoureuse mit sa plume au service de son cœur et son premier roman « sous les tilleuls » publié en 1832 fut un énorme succès et le propulsa dans le monde de l’écriture. Devenu rédacteur en chef au tout nouveau journal le Figaro, il côtoyait Balzac, Hugo, Sue

    Il se révéla alors excellent dans l’écriture de pamphlets ; ces écrits courts à caractère polémique et satirique très en vogue à cette époque politiquement instable. Il quitta d’ailleurs le Figaro pour éditer son propre journal, un mensuel intitulé à juste titre « les guêpes » ! Se soumettant aux turbulences de la « vie parisienne », il était un personnage incontournable pour qui se prétendait « à la page » ! Curieux de tout, il était connu pour ses écrits journalistiques mais aussi pour ses romans, poèmes, essais… Ses champs d’investigation étant des plus variés, philosophie, histoire, politique, botanique sans oublier le romanesque. Après avoir vécu sous l’Empire de Napoléon Bonaparte, sous deux restaurations de la royauté, Il applaudît avec enthousiasme en 1848 à la proclamation de la deuxième République…Mais… Il lui fallut choisir l’exil à l’avènement d’un nouvel Empire napoléonien quelques années plus tard !

    Fuyant la France mais sans toutefois couper le cordon, c’est à Nice, comté du royaume de Piémont-Sardaigne qu’il vint s’installer avec sa compagne et leur fille, Jeanne. Finis les « Guêpes » et les pamphlets, c’est aux fleurs qu’il va consacrer toute son attention, locataire d’un grand terrain il fit montre de ses talents d’horticulteur. Il travailla tant et si bien qu’un magasin fut nécessaire dans le vieux Nice pour écouler fleurs coupées mais aussi fruits et légumes ! Ne négligeant pas pour autant l’écriture, il garda un rythme soutenu de ses publications. C’est à ce moment-là qu’accompagnant son frère, prospecteur géologue, il vint à Saint Raphaël et tomba littéralement amoureux de ce petit bourg de pêcheurs. Si bien qu’il n’eut aucune difficulté à quitter Nice lorsque les autorités l’exproprièrent pour construire à la place de son jardin la gare terminus du PLM. En effet Nice devenue française en 1860, le train y arriva en 1863. Saint Raphaël, n’était encore qu’une petite localité où pêcheurs et maraichers vivaient paisiblement des ressources de leur environnement. Alphonse Karr construisit sa maison sur un petit terrain acheté en bordure de mer, l’entoura d’un jardin qui la rendit invisible aux passants, et la dénomma « Maison close » !

     

    Il aurait pu entamer une dernière tranche de vie paisible avec sa famille, mais l’ambiguïté qui le caractérisait a fait qu’il n’eut de cesse d’inviter chez lui toutes ses connaissances parisiennes, pour faire découvrir ce petit paradis qu’il avait déniché, allant jusqu’à dire que « si on vient à Saint Raphaël on n’en repart plus ». La ligne de chemin de fer aidant, des artistes, des politiques, des bourgeois, défilèrent chez lui et en effet beaucoup restèrent pour une saison ou plus ! Voilà pourquoi on le nomme le « découvreur », quand à la station balnéaire il en est « l’inventeur » juste par effet de mode ! De santé solide il pratiquait la pêche, et ne manquait pas de prendre des risques comme ce jour de fin septembre 1890 où à la tombée de la nuit sous un orage il alla relever ses filets posés le matin même au large du Lion de mer. C’était l’exploit de trop, il décéda quelques jours plus tard des suites d’une congestion. Il inaugura bien malgré lui le nouveau cimetière, car le petit bourg de pécheurs découvert par lui quelques années auparavant était devenu une belle station balnéaire en pleine expansion par le talent de celui qu’on nomme le « bâtisseur » de Saint Raphaël…Mais ça c’est une autre histoire !


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  • C'était donc la dernière de la saison, en juin.. avant la reprise demain mardi 25 septembre !

     

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  • Roquebrune sur Argens, à la frontière des Maures et de l'Estérel, que sépare la plaine de l'Argens, offre une diversité de paysages et a su préserver une spécificité agricole : maraichage, culture de la vigne et de l'olivier. C'est dans l'exploitation du Marché des garrigues, que les curieux du Marcher-Papoter se sont rendus pour cette dernière découverte de la ruralité dans nos communes. 

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  • Une dernière ferme, à Bagnols, clôt cette série sur le patrimoine rural de notre région.

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  • Pour suivre cet itinéraire au gré des fermes, quelques  domaines viticoles  de vieille souche complètent cette recherche, comme celui de Curebéasse, devenu aujourd'hui "Château Paquette"...

     

     

     

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  • Quelques fermes, témoignages d'un  patrimoine rural qui fut important au XIXe siècle, subsistent dans le Var et encore un peu sur la Côte d'Azur,  comme le GIE de la Vallée rose, à Fréjus : une découverte s'impose !

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